Les concentrations continuent sur le marché de la beauté naturelle et bio !

Ces dernières semaines, de nouvelles acquisitions ont été réalisées sur le marché de la beauté naturelle et bio ! Les rapprochements entre le monde de la cosmétique conventionnelle et celui de la cosmétique bio s’accélèrent.





C’est ainsi que nous avons découvert que :
  • - coté américain, Clorox rachète Burt Bee’s pour 925 millions de dollars soit près de 5 fois son chiffre d’affaire 2007 (170 millions de $). Avec un tel rachat le groupe de produits de grande consommation (bien connu pour sa javel, notamment) s’introduit sur un nouveau segment de marché et compte bien profiter de son potentiel de croissance. Il prévoit de largement distribuer la marque avec son savoir-faire en terme de distribution de masse. Mais cela pose la question de la pérennité de l’authenticité de la marque. En effet, ce groupe n’a aucune culture du naturel et du bio. En voulant croître à tout prix, ne risque-t-il pas de faire des compromis sur la qualité et le niveau d’exigence que s’imposait cette marque ? Burt Bee’s était une marque assez impliquée dans un lobbying positif pour tirer le marché américain du bio et du naturel vers toujours plus d’exigence et de contraintes. Son nouveau propriétaire nourrira-t-il cette démarche ? Je n’en suis pas sûre.
  • - coté français, le groupe Yves Rocher prend une participation au capital de Terre d’Oc à hauteur de 35%. Cette augmentation de capital permet aux fondateurs de financer leur croissance tout en restant aux commandes de la société. Engagée dans le commerce équitable et le bio, cette société produit à façon (notamment pour Nature & Découvertes) et dispose aussi de sa propre marque. Il sera intéressant de voir dans quelle mesure le groupe Yves Rocher s’immisce dans la gestion et l’évolution de ce laboratoire. En tout cas, ils ont déjà annoncé qu’une gamme de sept produits labellisés bio sera lancée sous la marque Yves Rocher au deuxième semestre 2008. Cela pose la question de la différentiation des approches au sein d’une même marque. Actuellement, Yves Rocher brouille le discours avec des expressions qui pourraient faire croire qu’ils sont déjà bio (citons notamment ses bio-hormones végétales). Donc lancer une gamme bio au sein des produits existants risquent d’augmenter la confusion des esprits quant à la démarche bio ou non du groupe. Mais cela est peut-être leur objectif inavoué, qui sait ?

Toutes ces évolutions rendent peu à peu la frontière floue entre le conventionnel et le bio. Idéaliste que je suis, j’espère que le bio deviendra le standard du marché et pas seulement une niche. Mais, plus j’avance et plus je réalise combien David va devoir tenir son cap face à Goliath pour ne pas se dénaturer. Il nous faut continuer à défendre nos convictions haut et fort pour ne pas faire en sorte que la cosmétique bio soit seulement un potentiel de croissance du marché de la beauté mais bien une alternative écologiquement saine. Il nous faut continuer à éduquer pour permettre à chaque femme de bien comprendre les débats et les enjeux. Et vous, comment réagissez-vous à ces évolutions de marché ? Croyez-vous que peu à peu la cosmétique bio va se faire englober par la cosmétique conventionnelle ?

12 novembre 2007 Par Mlle Bio 4 Commentaires Commenter l'article

Commentaires

  1. jlsaya dit :

    Mardi 13 novembre 2007 à 9:38

    Je suis moi aussi très réservée sur ces rapprochements et j’ai le sentiment que c’est plus une opération marketing qu’une envie réelle de démocratiser les produits naturels et bio. D’ailleurs pourquoi toutes ces grandes marques se cantonnent t’elles à 1 produit ou 1 ligne bio, plutôt que de se lancer dans une conversion, même progressive, de l’ensemble de leur gamme. Pour moi c’est déjà une démarche incohérente.

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  2. Mu dit :

    Mardi 13 novembre 2007 à 10:27

    Tout simplement parce que faire un produit bio ne se fait d’un coup de cuillère à pot. Ca prend du temps, c’est compliqué. Quand on voit l’étendue de la gamme d’un L’Oréal et à moindre mesure d’un Yves Rocher, on peut comprendre que ça se fera pas en quelques jours. De plus le défaut d’un produit Bio c’est son prix et malheureusement il y a des gens qui se foutent royalement du bio (il suffit de regarder les déchets que les gens jettent par terre pour se rendre compte que l’environnement c’est pas la priorité de tout le monde) et qui n’auront pas les moyens d’acheter ce type de formules.
    Alors oui c’est du marketing mais il faut voir le côté positif: si de grandes marques sont interesées c’est qu’il y a de l’argent à se faire et donc un avenir assuré pour le Bio. Maintenant que tout les produits deviennent Bio ça tient plus de l’utopie que de la réalité.

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  3. Yuna dit :

    Mardi 13 novembre 2007 à 14:58

    Bonjour,

    Je partage le scepticisme de jlsaya, les labels Bio sont indispensables aux consommateurs pour savoir ce qu’ils achètent (aspect qualitatif) mais ils sous-entendent aussi une philosophie de vie, de travail, de collaboration avec les fournisseurs, avec les agriculteurs, avec la terre, le fait d’appréhender l’acte de consommation à un niveau plus globale et responsabilisé : quel est mon impact sur l’environnement?

    Racheter une société qui fait des cosmétiques Bio, c’est s’acheter une bonne conscience et surfer sur la vague développement durable car il existe une part de marché qui leur échappe…..Un peu comme Jean-Louis Etienne et Total qui vont sauver la banquise, quel étrange et hypocrite mélange.
    Jouer avec l’image ne change pas ce qui se cache derrière : toute la subtile différence entre l’être et le paraitre.
    La différence entre Weleda et l’Oréal, par exemple.

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  4. stef dit :

    Vendredi 16 novembre 2007 à 11:50

    Bonjour,

    Le bio se popularise cosméthique , alimentation, c’est une bonne chose, choisir le bio c’est faire un geste pour l’environnement

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