Les couches lavables, facile ou pas?

La question a été posée recemment par Melle Bio, et la réponse est: Affirmatif. Utiliser des couches lavables, c’est non seulement facile, c’est aussi moderne, économique, et écologique. Croyez moi, je pratique. Mode d’emploi.

Facile: Le principe de base, c’est une couche en coton doublée d’une culotte de protection en plastique. La première absorbe l’humidité tandis que la seconde protège les vêtements du contact avec la couche mouillée. Le fonctionnement-et le prix- varient des langes de nos grand-mères un peu améliorés (avec des ficelles) aux couches 2 en 1 qui remplissent les deux fonctions, en passant par le cas le plus courant, celui que j’ai choisi et qui nécessite la couche et la culotte de protection. Pour changer mon bébé, je lui mets donc d’abord une couche en coton. J’ai choisi la Popolini 2 size et j’en suis très satisfaite. Elle ferme grace à des pressions ajustables de chaque coté afin de s’adapter parfaitement aux dimensions toujours grandissantes des bébés. Pour la nuit, j’ajoute une double couche, c’est à dire un rectangle de coton pour davantage de capacité d’absorption, cousu avec du tissu éponge récupéré. Enfin, je mets une feuille de papier de protection. C’est comme un sopalin plus resistant qui permet de recueillir les selles et de les jeter directement aux toilettes. Après cela, je mets la culotte de protection. J’en ai essayé plusieurs et ma préférence va à la Vento. Comme la couche, elle est facile à mettre, avec ses pressions ou velcros. Je jette la couche sale dans un seau rempli d’eau avec quelques gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé. Et voilà, p’tit père est changé. L’opération prend un peu plus de temps qu’avec des couches jetables puisqu’elle se fait en deux temps. Et c’est tant mieux! Car changer son bébé, ça n’est pas transformer un paquet sale en un paquet propre. C’est un moment de plaisir et d’échange pour la plupart des bébés qui adorent avoir enfin les fesses à l’air. Une occasion de rituel, autre friandise pour bébés. Et avec un peu de pratique, les gestes viennent tout seuls et on n’a même plus besoin de regarder ce que l’on fait…On peut ainsi charmer à loisir son p’tit bout’chou. Cela dit, si cela vous pose problème, sachez qu’il existe maintenant des couches 2 en 1: Là, la couche en coton est recouverte d’une culotte de protection, et le geste est exactement le même qu’avec des jetables. Mais d’après ce que je peux lire sur le net, elles sont quand-même moins efficaces pour l’instant. Tous les deux jours, je mets mes gants, j’éssore mes couches, je vide l’eau du seau dans les toilettes, et je les lave à 60° à la machine, parfois seulement 40%. L’HE d’arbre à thé dans laquelle elles ont trempé ayant des propriétés antibacteriennes, les couches peuvent être lavées avec le reste du linge. Par contre, je fais alors un prélavage, ce dont je me passe d’ordinaire. Si vraiment des taches resistent le savon au fiel en fait son affaire. Elles sèchent à l’air libre. Il faut compter 16 heures dans de mauvaises conditions. Je les plie en 2 et hop, dans leur petit panier.

Moderne: Elles le sont parce-qu’elles proposent design et confort, et parce-qu’elles prennent en compte la santé et l’environnement. Le design est malin, les couches étant ajustables, protégeant efficacement des fuites et offrant une bonne capacité d’absorption. On peut même s’amuser avec motifs et coloris tant l’offre est variée. Le confort est optimum: Quoi de mieux qu’une fibre naturelle, donc respirante, contre la peau de bébé? Nul besoin de serrer la culotte de protection, il faut juste qu’elle recouvre entièrement la couche. Ce qui m’emmène à la question santé: Les erythèmes fessiers sont inexistants car la peau respire et est epargnée par les produits toxiques contenus dans les gels absorbants des jetables. Je vous invite à lire l’étude de Guillaume de Monde de bébé à ce sujet. Enfin, la température est moins élevée que dans les jetables, détail particulièrement important pour les garçons.

Ecologique: Il faut savoir que les couches jetables sont un véritable poison pour l’environnement. Leur fabrication d’abord est gourmande en énergie et en eau, et rejette une eau fortement chargée en polluants. Elle necessite l’abbatage de 4 millions d’arbres par an. Elles sont ensuite emballées dans du plastique. Elles sont enfin transportées aux points de vente (beaucoup viennent d’ailleurs des US) où il faut se rendre régulièrement pour les acheter, ce qui induit une consommation d’essence. Ensuite, elles génèrent 1 tonne de déchets par enfant, et pas n’importe quels dechets puisqu’elles mettent 500 ans à se dégrader et qu’elles contiennent ds substances toxiques pour l’environnement. Imaginez la chambre de votre enfant remplie de couches, du sol au plafond. C’est cela, 1 tonne par enfant. Pour en savoir plus, lisez la thèse consacrée à ce sujet (par là)

Economique: Bien que le coût des lavables soit souvent sous-évalué, il reste inférieur d’au moins 50% à celui des jetables. Pour ma part, le coût des couches, double-couches, culottes de protection, papier de protection, HE et lavages, c’est à dire absolument tout, est de 800 Euros pour un enfant. Pour le suivant, reste le coût des lavages, HE et papier de protection, soit 400 Euros. Pour comparaison, les jetables coutent environ 1700 Euros par enfant.

Quelques trucs:
C’est plus pratique si la table à langer est dans la salle de bain. Pensez aux tables à langer à fixer contre le mur de la baignoire. Pensez à la paire de gants special salle de bains.
Pensez à utiliser l’eau du bain des enfants pour remplir le seau.
Le papier de protection passe en machine et il est réutilisable au moins une fois avant de passer à une carrière de lingette. Après tous ces évenements, il ne pose plus de problème pour la fosse sceptique.
Pensez aux balles de lavage qui assouplissent.
3 culottes de protection valent mieux que les 2 préconisées sur la plupart des sites.
En guise de seau à couche, une poubelle en plastique avec couvercle fait bien l’affaire.
Si votre homme bloque, dites lui que vous prenez le lavage en main. Le mien bloquait jusqu’à ce qu’il voit les adorables petites couches en coton, toute douces…et alors là il a craqué. Si votre bébé est garçon, il sera sensible à l’argument santé-fertilité.
Pour les premiers jours, prevoyez des jetables. Les lavables sont souvent trop hautes (donc sur le cordon), et vous n’aurez pas forcément le courage de vous lancer.
Vous serez surpris(e) de la réaction des gens. A chaque fois que j’ai fait garder mon bébé, je pensais que j’en demandais peut-être trop et j’avais des Moltex au cas où. Mais la réponse a toujours été trés positive, surtout si vous donnez un sac en plastique et que vous vous occupez du lavage chez vous.

Où les trouver? Il parait que certines BIOCCOP les commercialisent, et que l’on trouve maintenant des magasins spécialisés dans la couche lavable…l’idéal pour bien les comparer et se faire conseiller. Sinon, le net regorge de sites marchands et de forums pour s’informer. Tapez couches lavables un peu pour voir, vous de serez pas déçu(e)! Je conseille pour les avoir “pratiqués”:
Laudamay avec ses mamans-relais
Le monde de bébé (super dossier)
Grandir nature (Bravo Valérie d’avoir choisi seulement les couches en coton bio!)
L’arbre à bébés (patrons pour les confectionner soi-même et forum)

18 novembre 2006 Par Dame Nature 5 Commentaires Commenter l'article

Commentaires

  1. JR dit :

    Lundi 20 novembre 2006 à 12:02

    Il faudrait corriger les liens du bas de la page.

    Répondre
  2. 504 dit :

    Lundi 20 novembre 2006 à 23:59

    Hé bé! Voilà, ça y est, je suis enfin informé sur ce sujet "tabou" des couches lavables! C’était donc vrai, ça existe! Et en plus ça a l’air vivable…

    Car il faut bien avouer que les couches lavables, tant qu’on n’a pas essayé ou que l’on n’a pas lu un article aussi précis que celui-ci, ça fait peur! Les images de nos ancêtres lavant les langes sales à longueur de journée ne fait pas particulièrement une bonne pub… ;-)

    Je ne dis pas que je suis convaincu et que je m’y met demain, j’ai encore besoin de cheminer un peu pour en arriver là! Néanmoins, ça fait réfléchir, et c’est déjà beaucoup!

    Merci Dame Nature pour ce partage d’expérience vécue!

    Répondre
  3. Virginie dit :

    Mardi 21 novembre 2006 à 16:05

    VIVE LA COUCHE DU IIIé MILLENAIRE! Pour avoir vu tout l’été ma soeur changer son petit bonhomme avec des couches lavables, j’avoue que le mythe est tombé!
    C’est ultra simple, mignon et pratique, plus de raison d’avoir peur! Merci aux pionnières qui se sont lancées dans l’inconnu! Rien de tel que de voir pour le croire! Me voilà prête et équipée pour mon troisième qui devrait naître bientôt!

    Répondre
  4. Mlle Bio dit :

    Mardi 21 novembre 2006 à 19:46

    Virginie, Tous les matins je pense à toi … et espère qu’il ou plutôt qu’elle est née … courage, courage c’est la dernière ligne droite !

    Répondre
  5. Dame Nature dit :

    Jeudi 23 novembre 2006 à 14:55

    Merci JR pour la correction, c’est un problème technique que Mademoiselle Bio éssaie de résoudre, et là moi je suis larguée…Je suis trop contente de vous avoir rassuré 504! Bravo Virginie! Que cette naissance soit heureuse!

    Répondre

Ajouter un commentaire

  • (requis)
    (ne sera pas publié)(requis)
  • Abonnez-vous à la Newsletter

    Voulez-vous recevoir notre Newsletter ?

    Voulez-vous recevoir la Newsletter de nos partenaires ?

  • *