Les derniers jours d’un potager
Tandis que la plupart d’entre vous êtes déja dans l’ambiance de Noël, je pense encore à mes tomates…Hé oui, l’été indien provençal aura laissé aux retardataires le loisir de continuer à grossir jusqu’à la semaine dernière, où je me suis enfin résolue à les cueillir. La grande question maintenant est de savoir ce que j’en fais, car elle sont grosses mais vertes. Il parait que la confiture de tomates vertes, c’est très bon. Il parait aussi qu’elles rougiront en intérieur. Entre la confiture et la patience, je ne choisirai pas, j’essaierai les deux et vous tiendrai au courant de mes déboires/succès. Je disais donc que je m’étais enfin résolue à les cueillir la semaine dernière. Il fallait bien les sortir de là, je veux dire du potager, négligé depuis deux mois pour cause de déménagement. Pauvre potager, plein d’herbes folles. Triste spectacle des tiges noirçies, des aromatiques enfouies et introuvables, des aubergines jaunies, des courgettes fondues en cours de pousse, des dernières tomates cerises frippées. Seuls le persil, la verveine citron et les poivrons semblaient encore s’épanouir. Et, histoire de bien me miner le moral, les cochons du voisin étaient passés par là et avaient défoncé la belle barrière en bois.
Bref, une fois mes tomates rescapées, j’eus la tristesse coupable pendant quelques jours…jusqu’à ce que je convainc mon frère et mon mari de m’y accompagner ce week-end, pour un grand deshérbage d’automne et l’épandage d’un peu de fumier. Certes nous n’habitons plus sur place, mais peut-être quelqu’un au printemps prochain profitera ainsi d’une bonne terre souple et fertile. Et puis, plus égoistement, je commence à sentir le besoin de la terre revenir. Donc, le moral est revenu lui aussi, et je me repenche sur les quelques leçons de ce potager, le plus grand que j’ai jamais conçu et entretenu. J’y aurai appris que:
- Avoir un bébé en Avril et un potager d’été, c’est faire bosser les autres.
- “Les autres” sont en fait heureux de participer.
- D’habiter sur place, c’est quand-même mieux. Le potager, c’est tous les jours.
- 6 plants de courgette, ca suffit. 12, c’est vraiment trop.
- Tout ce qu’on peut faire avec des courgettes, surtout quand elles sont fraîches et bios, bref assez bonnes pour être mangées toutes crues…gratins, poelées, soupes, pains, chutneys, salades, et même tagliatelles à la vapeur, le coup de coeur de l’été.
- Les semis en intérieur, ça marche trés bien, c’est économique et les enfant adorent…mais il faut s’y prendre à temps…
- Le purin d’orties, ça marche très bien, c’est économique, et les enfants détestent…Ca sent vraiment mauvais! Donc, lui trouver un coin pas trop passant c’est une bonne idée. Au fait, savez-vous que je suis dans l’illégalité pour avoir utilisé du purin d’orties?…Si si je vous assure les lobbies de fabricants de pesticides ont réussi à faire interdire ce remède naturel et sans danger, utilisé depuis des générations de jardiniers. Qu’ils viennent me chercher, tiens…
- La bentonite autour des plants attaqués, ça marche très bien si les fourmis deviennent trop menaçantes.
- L’aubergine se passerait bien de porter du vert si seulement elle n’avait pas à photosynthétiser. Dans le fond, elle veut être toute violette, de fruit bien-sûr, mais aussi de tige, de feuille et de fleur (magnifique, la fleur de l’aubergine).
- Il faut cueillir l’aubergine avant qu’elle ne jaunisse, même si elle est encore dure.
- Concombres et radis ont besoin de beaucoup, beaucoup et encore beaucoup d’eau sans quoi c’est l’amertume garantie.
- Redonner beaucoup, beaucoup, et encore beaucoup d’eau à un plant de concombres amers, ça marche. Ceux qui restent redeviendront doux.
- Pourquoi donc les fraisiers ont si peu donné? Peut-être est-ce normal pour une première année?
- Pourquoi donc la Coriandre monte-t-elle toujours en graine?
- Il reste toujours des haricots, même quand on croit avoir tout cueilli. Ca vaut le coup de faire encore 3 fois le tour du plant. Les haricots frais c’est imbattable.
- Je suis preneuse de recettes pour lesquelles il faut beaucoup, beaucoup, et encore beaucoup de poivrons verts.
- Un chef m’avait dit une fois que les tomates d’autrefois étaient tendres. Pas comme celles d’aujourd’hui, formatées pour voyager, donc dures. Avec la Rose de Berne, j’ai compris ce qu’il voulait dire. C’est hallucinant. En plus, elle pousse bien.
- Les tomates cerises donnent plus et plus longtemps. Coupées en 2, réparties sur les plaques de four côté intérieur “en l’air”, parsemées de thym, sel de guérande et huile d’olive, au soleil pendant deux jours, elles font de merveilleuses tomates confites pour l’hiver, en bocal avec de l’huile d’olive.
- Le bonheur de profiter du travail de l’été en hiver.
- Le bonheur d’arriver avec un panier de légumes frais chez les copains.
- Le bonheur de voir les enfants réclamer encore des radis, alors que les miens sont encore plus piquants que ceux du commerce, qu’elles trouvaient jusque là trop piquants pour leurs petits palais délicats…
- Le bonheur quand le petit neveu parisien de 4 ans appelle pour savoir comment vont “ses” radis.
- J’en passe, et des pires, et des meilleures. La vraie grande leçon de cette année quand-même, c’est que le jardinage c’est comme l’éducation: les livres, ça aide. Les conseils des voisins c’est encore mieux. L’observation ouverte, quotidienne, attentive et amoureuse c’est indispensable. Et tellement gratifiant!
Allez, souhaitez-nous beau temps ce week-end!
Commentaires
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Mlle Bio dit :
Vendredi 24 novembre 2006 à 11:30Pour les tomates et les poivrons verts, pas plus tard qu’en début de semaine, j’ai fait une poélée caramélisée délicieuse. J’ai complètement improvisé mais c’était très sympa : tomates coupées en quartier et poivrons coupés en fine lamelles, mis à cuire dans une poele avec huile d’olive, herbes de provence et miel … à feu doux pour laisser caraméliser et rendre fondant les 2. Et servi avec du riz. C’était top et les enfants se sont régalés. Quelle chance tu as d’avoir de l’espace pour cultiver ton propre potager ! En même temps, vu mes qualités horticoles et ma patience, je doute que quoique ce soit puisse pousser avec moi … y a que mes géraniums qui tiennent le coup à Paris !
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Dame Nature dit :
Samedi 25 novembre 2006 à 11:00Ca a l’air sympa ta poellée, c’est une bonne idée le miel…je crois que je vais essayer. Tu sais ca demande du temps un potager mais pas tant de patience que cela car c’est super excitant de voir pousser les plantes, même avant que leurs fruits n’arrivent, et puis comme il ya toujours quelque-chose à faire, le temps passe vite. Essaie un petit pot de thym sur ton balcon pour tenir companie à tes géraniums, il parait qu’il tient bien le coup à Paris.
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zaelle dit :
Samedi 25 novembre 2006 à 20:30héhé, moi rien que de récolter mes fraises et mes tomates cerises qui poussaient sur mon balcon cet été, au milieu de mes roses qui sentaient divinement bon -j’ai un grand balcon- -et puis pourtant je n’ai absolument pas la main verte-, j’imagines le bonheur que cela peut être d’avoir un vrai potager
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Dame Nature dit :
Dimanche 26 novembre 2006 à 21:21Bravo Zaelle, je suis toujours très admirative des gens comme toi qui se debrouillent et font avec leur situation. Et puis des fraises en plus, c’est pas rien ça. Oui c’est un vrai bonheur, d’ailleurs d’y retourner ce week-end, remettre tout ça en ordre m’a fait un bien fou!
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