Wakou, Père Noël et Contes de Grimm

Ma fille ainée, qui a 5 ans et demi, est abonnée à Wakou, “le magazine pour les petits curieux de nature” pour les 3/7 ans de Milan jeunesse. Elle adore recevoir son Wakou, et moi j’aime le lui lire et y apprendre beaucoup de choses en même temps qu’elle! Nous fûmes particulièrement impatientes en découvrant sur la couverture du dernier numéro une licorne en pleine course et le titre ” Qui sont les animaux de légende?”. “Une licorne!” s’écria-t-elle! “Chouette, on va rêver”, me dis-je alors.


Mais je déchantais vite en lisant l’introduction du dossier: “Dragon, licorne, griffon…tu les as déjà rencontrés dans des histoires, mais tu ne les a jamais vus. C’est normal, ils n’existent pas.”
Cash.
Comme ça.
Et vlan.
Bon, on va pas rêver…

Le dossier décrivait ces 3 animaux de façon très sommaire, et montrait comment pour faire un dragon “on” avait pris la gueule du crocodile, les griffes de l’aigle, les écailles du serpent etc…C’était intéressant, mais quand-même, je restais sur ma fin, et elle aussi d’ailleurs. Cette approche purement analytique manquait de magie, de beauté.
Les pages suivantes racontaient une histoire de Père Noël en donnant l’impression qu’il existait bien celui là. Y’avait pas de doute de ce côté là. Il était de chair et d’os, et de chair encore. Mais tout de même, elle n’était pas rassasiée. Et avec le recul je la comprends bien: A côté d’un lion à tête d’aigle, le bonhomme jovial était d’une platitude à faire bailler (si vous arrivez à vous representer un Père Noël plat).
Heureusement, la fiche d’identité de chaque animal mentionnait les histoires dans lesquelles ils apparaissent, dont Le vaillant petit tailleur et L’oiseau griffon des frères Grimm. Je courus donc chercher mon Intégrale des Contes de Grimm et nous nous régalames toutes deux. Depuis, j’ai relu encore quelques contes des frères Grimm, avec tant de plaisir! La nature y est vivante et l’homme est en lien avec elle. Tout peut parler, chanter, changer. La force symbolique des animaux est puissamment décrite. Si bien que ce cher Père Noël va en faire quelques paquets pour les enfants que je vais gâter dans quelques jours.

Alors je me pose, et je vous pose, quelques questions, qui à mon avis ont leur importance dans le cadre d’une reflexion sur la conscience écologique de nos chers petits: Certes, pour aimer une chose, il faut la connaître. Pourtant, connaître la nature est-ce seulement connaître les noms des arbres, les habitudes des animaux, le fonctionnement de la vie? Comment un enfant de 5 ans et demi connaît-il la nature? Peut-on aimer une chose qui ne nous fasse pas rêver?

12 décembre 2006 Par Dame Nature 3 Commentaires Commenter l'article

Commentaires

  1. zaelle dit :

    Mercredi 13 décembre 2006 à 13:15

    Tout a fait d’accord avec vous, les enfants ont besoin de rêver, et cela peut les amener a apprécier la nature, l’und e mes cousins avait inventé un oiseau fabuleux qui vivait dans les forêts, et pour cette raison il adorait aller se promener en forêt alors que cela l’aurait peut être ennuyé sinon, il faisait comme ci il était le seul a le voir et personne n le détrompait…les enfants sont bien assez intelligents pour faire la part des choses, mais ils ont la capacité de se laisser porter par leur rêves, alors pourqsuoi les en empécher…

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  2. Mlle Bio dit :

    Mercredi 13 décembre 2006 à 21:30

    Faut-il bien connaître pour aimer ? Je ne suis pas sûre. Je crois que l’amour donne envie de mieux connaître ! Personnellement, j’aime la nature, je m’émerveille devant ses miracles, elle me ressource et m’apaise. Et pourtant, je dois avouer que j’y connais peu de choses. D’ailleurs, je prends beaucoup de plaisir à apprendre avec les enfants à mieux la connaître. Mais la magie, la féerie, cette part de rêve liée à l’ignorance est aussi très belle. Elle est le propre des enfants et cela ne les empêche pas d’aimer ! Je suis persuadée qu’un enfant a besoin de sa part de rêve … il aura tout le temps d’apprendre à mieux connaître … surtout à 5 ans et demi !

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  3. Dame Nature dit :

    Jeudi 14 décembre 2006 à 21:41

    Bonjour Zaëlle, et merci pour votre commentaire. Les adultes trouvent souvent de bonnes raisons d’empecher les enfants de réver. Il a mieux à faire. Ou bien on allume la télé comme ça il est occupé et pendant ce temps là il ne nous sollicite pas. Ou tout simplement on croit bien faire en étant prosaique et en leur expliquant les choses de façon scientifique pour qu’ils se couchent moins bêtes ce soir là. Je vois beaucoup cela, des enfant qui sont complètement dans leur tête. Je me demande ce que cela donnera plus tard. Et puis, nous en attendant on rêve avec eux…La preuve, vous vous souvenez encore de ce moment passé avec votre petit cousin!

    Melle Bio, bien sur l’amour est un puissant moteur pour la connaissance. Et l’on est tous inspiré, resourcé, apaisé etc. par la nature. Et à 5 ans et demi on n’a pas besoin de notions théoriques sur la nature.
    Quand j’écris que pour aimer une chose il faut la connaître, je demande aussi ce que signifie connaître pour un petit enfant. Je me souviens des classes de zoologie et de géologie à l’école. Je ne me souviens de rien d’autre que de l’ennui qu’elles suscitaient, sauf quand on a pu observer des pierres, des vraies pierres en classe. Le reste, c’était des classifications par grandes familles etc, bref de l’abstrait, produit par une pensée adulte et déssechée.

    Prenez les 4 éléments de la nature, l’eau, l’air, la terre, le feu. Voyez l’enfant de 3 ans qui se mèle à eux, qui court avec le vent, qui est hypnotisé par le feu, qui verse et deverse l’eau calmante pendant des heures, qui tasse, masse, écrase, forme et déforme la terre. Il connaît la nature comme nous ne la connaissons plus. Il est tout à elle, il se lie à elle de tous ses sens. Il désire de toute sa force porter le chaton dans ses bras. Il sait qu’il en fait partie.

    Voyez l’enfant de 6 ans qui demande pourquoi les éléphants ne naissent pas dans des oeufs. Déjà la curiosité intellectuelle pointe. Déjà la réponse attendue doit être sérieuse. Déjà il se détache un peu. Il "fait" moins avec la nature, mais il en parle plus. Et pourtant il est nourri par ces contes où les hommes, les bêtes, les végétaux et même les pierres se métamorphosent les uns dans les autres. Où tout est en lien. Il s’y relie moins avec les sens et plus avec l’imaginaire, et il touche aussi, à sa façon une certaine vérité, que nous, adultes, avons beaucoup de mal à voir.

    Enfin, je ne vais pas écrire ici un Traité de psychologie infantile! Mais il n’y a pas l’ignorance des enfants et le savoir des adultes. Je crois que cela est faux. Je crois que chaque age de la vie nous relie différemment à notre environnement et que nous devons respecter cela. Pour moi, ce numéro de Wakou est allé trop loin dans l’analytique. C’était déconnécté de l’enfant. Et je me suis demandé quelle était la qualité des rêves que nous proposons aux enfants aujourd’hui, car franchement, le père Noël c’est pas follichon…

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