Controverse : Les parfums sont-ils nocifs ?
Aujourd’hui, mettez-vous au parfum ! Découvrez la polémique qui anime les parfumeurs.
Votre vernis est résistant, votre parfum tient toute la journée, votre crème pénètre facilement votre peau : toutes ces qualités sont dues à ces deux substances : Phtalates et Muscs artificiels.
Ces deux composés sont principalement utilisés dans vos parfums. Leur présence crée la polémique. De nombreux scientifiques soupçonnent ces substances d’êtres nocives pour l’homme (effets sur la reproduction, fertilité…).
Les études scientifiques
Des études ont donc été réalisées comme l’étude « Pas Trop Belle » en 2002. Cette étude a conclu que cinq phtalates auraient des effets toxiques sur la reproduction (BBzP, DBP, DEHP, DEP, DMP).
Une étude réalisée par Health Care Without Harm en novembre 2002 a confirmé cela. Elle a montré qu’après avoir subit une trop forte exposition aux phtalates les rongeurs subissaient des dommages de fertilité, de développement sexuel chez le jeune rat ainsi que de développement du foetus.
La réponse législative
Côté phtalates
A la suite de l’étude « Pas Trop Belle », la commission des cosmétiques a interdit les DEHP dans les produits cosmétiques et limité les concentrations de DEP, DBP et BBzP en Septembre 2002.
Côté Muscs
La réglementation évolue. En effet, le MA (musc ambrette) est interdit depuis 1995 dans l’Union Européenne à cause de ses effets neurotoxiques et de sa photosensibilité. Le MX (musc xylène) et le MK (musc cétone) sont actuellement les plus utilisés des nitromuscs mais devraient être bannis à partir de 2010 à cause de leur toxicité (effets sur la reproduction, stockage dans les tissus vivants). Il faut savoir qu’il nous est impossible de savoir si un parfum contient, à partir de sa composition détaillée (ou liste INCI).
En établissant des taux à ne pas dépasser en cosmétique, la commission de cosmétologie indique que phtalates et muscs sont un risque pour la santé lorsqu’ils sont utilisés à trop haute dose.
La réponse des industriels
La FIPAR (Fédération des Industries de la Parfumerie) s’est donc référée à la réglementation et n’a plus utilisé le DEHP et a limité son utilisation de DEP à la suite de ces études. Elle indique que dorénavant : « L’industrie cosmétique n’utilise qu’un seul phtalate, le DEP (Diéthylphtalate), lequel a pour fonction de rendre l’alcool impropre à la boisson, conformément aux prescriptions des autorités sanitaires. Pour ce faire, de strictes règles fixent la teneur maximale en DEP que peuvent contenir les parfums. »
Le taux limite pour le DEP est une teneur maximale de 15% selon la FIPAR.
Qu’en penser ?
En Février 2005, l’étude de Greenpeace a démontré que les réglementations n’étaient pas bien appliquées. Cette étude a mis en évidence la présence de phtalates et de muscs synthétiques dans presque toutes les marques testées (on a notamment retrouvé du DEHP alors qu’il avait été interdit). Ceci a été confirmé par une autre étude réalisée par TNO Environment and Geosciences en 2005 qui a également montré la présence de phtalates autres que le DEP dans certains parfums.
Dans de nombreux produits on a pu trouver des traces de ces composés. La quantité en composé intrinsèque de chaque produit n’est pas forcément nocive. Or au quotidien, vous accumulez les contacts avec ces composés (utilisation de plusieurs cosmétiques, exposition environnementale…). Ainsi, la répétition des expositions corporelles à ces composés amène des questions. A partir de quelle limite peut-on dire que la nocivité est-elle atteinte ? Ou encore pourquoi ne les remplace-t-on pas par d’autres substances ?
L’alternative des Scientifiques
Côté phtalates, les chercheurs essayent actuellement de remplacer le DEHP (phtalate toxique interdit) par des phtalates de poids moléculaire plus élevé (pour qu’ils soient moins solubles) ou encore par des substances appartenant à d’autres familles chimiques. Ceci a pour but d’éliminer tout risque de toxicité. Mais est-ce bien efficace ? Remplacer des phtalates par d’autres phtalates ne comporte-t-il pas un risque ? Il serait donc sûrement préférable de se passer des phtalates dans la mesure où nous ne connaissons pas encore les répercutions de ces molécules sur notre santé.
De même, pour les muscs synthétiques, la diminution de muscs nitrés et polycycliques dans certains parfums est due à l’augmentation de l’utilisation des muscs macrocycliques. Il faut savoir que nous ne disposons pour l’heure que de très peu d’information sur leur toxicité.
On ne peut donc pas être catégorique sur les effets de ces composés puisque les études ont jusqu’à présent été effectuée sur des rongeurs et non sur des hommes. Mais les résultats de ces tests peuvent quand même nous faire réfléchir sur la nécessité de ces substances chimiques dans les parfums.
L’alternative bio
Eaux de toilette et parfums bio sont encore peu nombreux mais à la lecture de ces éléments, on comprend la nécessité de faire le choix du naturel bio. D’un point de vue chimique, les scientifiques utilisent des résines comme le styrax et le benjoin pour mieux fixer le parfum.
D’un point de vue consommateur, faire le choix d’un parfumage bio, c’est redécouvrir les fabrications artisanales, les matières premières nobles et végétales (et non synthétiques), privilégier les extractions par distillations plutôt que par solvants. Faire le choix d’un parfum 100% naturel, c’est aussi accepter des variations d’un flacon à l’autre. Saisons, climats et région de production influencent la qualité et le parfum des plantes d’une production à l’autre. La magie du « nez » est de reformuler à chaque production ce même effluve enchanteur. Faire le choix d’un parfum bio, c’est enfin préférer un parfum vivant. Il varie selon la peau qui le porte, s’efface à certains moments de la journée pour réapparaître ensuite. Il fait corps avec vous et vit à votre rythme. Il vous est unique.
Coté Chimie

Les Phtalates sont connus pour leurs propriétés de souplesse et de flexibilité. On les utilise le plus souvent dans l’industrie du plastique et particulièrement du PVC, le domaine de la cosmétique arrive en seconde position. Son rôle dans les cosmétiques est de rendre plus résistants les vernis et de fixer les parfums. Au point de vue chimique, les phtalates sont composés d’un noyau benzénique et de deux groupements carboxylates en ortho dont la taille des chaînes (R et R1) est variable. Ce sont des substances liquides hydrophobes qui ont une affinité particulière pour les graisses. De plus il faut savoir qu’ils sont biodégradables dans l’environnement mais ils persistent dans certains milieux (ex : milieu aquatique) ce qui entraîne une difficulté de dégradation en mode aérobie (présence d’oxygène) et donc une pollution environnementale.

Les muscs servent de fixateur dans le domaine des parfums. Les muscs synthétiques sont des composés cycliques industriels utilisés en lieu et place des muscs naturels. Les industriels font ainsi car les muscs synthétiques sont bien moins onéreux que les muscs naturels.
On distingue trois types de muscs : les muscs nitrés, les muscs polycycliques et les muscs macrocycliques. Les deux premiers étaient les deux plus utilisés sur le marché, ils en représentaient 95%. Du fait des préoccupations toxicologiques, les muscs nitrés sont en déclin en Europe depuis plusieurs années car ils ne se dégradent pas facilement dans l’environnement et y impactent les organismes vivants : on a observé chez les poissons une accumulation de ces substances dans le sang et des effets sur la reproduction comme la fertilité. En cosmétique on utilise des muscs synthétiques comme le HHCB et l’AHTN qui sont des muscs polycycliques. En ce qui concerne les muscs macrocycliques on note une augmentation de leur utilisation dans les cosmétiques. Il faut savoir que nous ne disposons pour l’heure que de très peu d’information sur leur toxicité.
Sources :
Wikipédia
FIPAR
AFSSAPS
Rapport de Greenpeace, Parfum de Scandale, Février 2005
Rapport de TNO Environment and Geosciences, Produits chimiques fabriqués par l’homme dans le domaine des produits de soins personnel, 2005
Rapport de Health Care Without Harm, Pretty Nasty, Novembre 2002.
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Commentaires
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Mu dit :
Jeudi 13 septembre 2007 à 12:12Les muscs naturels sont aussi tirés d’un animal il me semble (le cerf si ma mémoire est bonne)
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Entre avoir un musc naturel et des animaux morts et avoir des muscs synthétique le choix est difficile et il n’y a pas que le prix qui entre en compte. De plus, avec quoi sont fait les parfums bios? N’y a t’il pas de l’alcool dedans (qui permet une évaporation du parfum)? Si oui, comment est-il dénaturé autrement qu’avec un phtalate? Si j’ai le temps j’irais jeter un oeil sur des parfums bios pour regarder la composition. -
Mu dit :
Jeudi 13 septembre 2007 à 13:41Les muscs naturels sont aussi tirés d’un animal il me semble (le cerf si ma mémoire est bonne)
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Entre avoir un musc naturel et des animaux morts et avoir des muscs synthétique le choix est difficile et il n’y a pas que le prix qui entre en compte. De plus, avec quoi sont fait les parfums bios? N’y a t’il pas de l’alcool dedans (qui permet une évaporation du parfum)? Si oui, comment est-il dénaturé autrement qu’avec un phtalate? Si j’ai le temps j’irais jeter un oeil sur des parfums bios pour regarder la composition. -
benoit dit :
Jeudi 13 septembre 2007 à 14:43Petite parenthèse : Ne faudrait-il pas mettre à jour la liste des chroniqueurs ? ;o)
Répondre -
clémentine dit :
Jeudi 13 septembre 2007 à 15:06Merci Paul pour ces précisions …
Progressivement, en lisant le blog de Melle bio, je m’interroge sur les trucs que j’utilise tous les jours … au départ on se dit que bof c’est un poil nocif mais bon on ne les mange pas non plus ces produits, puis … quoi la crème pénètre plus loin que la peau ? quoi je respire des saletés lorsque je me parfume, j’avale une partie du rouge à lèvre que je mets sur ma bouche …. si j’ajoute toutes les cochonneries contenus dans les produits nétoyants de la maison …. bon d’accord petit à petit ce blog m’entraine vers le bio …
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Mu dit :
Jeudi 13 septembre 2007 à 16:28Clementine>normalement une crème cosmétique n’est pas censée pénetrer dans la peau (seulement les couches supérieures de l’épiderme)
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Mais je confirme ta dernière phrase, je suis de plus en plus comme toi. -
clémentine dit :
Jeudi 13 septembre 2007 à 16:47Oui mu, normalement une crème cosmétique n’est pas censée pénétrer dans la peau, sinon ce n’est plus de la cosmétologie mais de la pharmacie. Sauf que avant de venir ici, je me disais "pas grave" … et maintenant, je me dis "ma peau : c’est moi, je ne m’amuserai pas à tripoter de l’amiante … ben je vais m’interroger lorsque j’achèterai une crème."
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Mlle Bio dit :
Jeudi 13 septembre 2007 à 18:07Mu, le débat n’est pas entre musc naturel et synthétique mais bien l’alternative satisfaisante aux muscs. Comme toi, j’étais dans le conventionnel et plus j’ai lu sur les sujets bio plus je me suis sentie en décalage avec les grands discours conventionnels. Quant au fait que la crème n’est pas censée pénétrée, c’est un principe bien trop théorique. Quand la cosméto. met des nanocapsules dans une crème, c’est bien pour passer la barrière cutanée … et tous les scientifiques s’accordent à dire qu’on les retrouve dans le sang (glups !). Mais, c’est un sujet que nous traiterons un peu plus tard ! Au fait, j’ai oublié de te répondre mais bien sûr, je serai à Cosmeeting. Donc, dis moi si tu y passes qu’on se boive un canon. Benoit, en effet, il faut mettre à jour les contributeurs. Mais, le rythme est tellement speed qu’on n’a pas encore pris le temps ! Clémentine, tu ne peux pas me faire plus plaisir ! Publier toutes ces infos prend beaucoup de temps et je le fais beaucoup par conviction. Donc, c’est vrai que cela me réjouit de me dire qu’une petite lumière s’éclaire peu à peu en toi…. tu verras, c’est très contagieux (beauté, alimentation, jeux, …).
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Paul-Benoît dit :
Jeudi 20 septembre 2007 à 16:28Bonjour à tous.
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Merci pour tous ces commentaires.
Mu, en ce qui concerne les muscs tu as raison les naturels sont issus du cerf. Par ailleurs il est sûr qu’il ne faut pas non plus tuer des animaux pour obtenir des muscs naturels. C’est pourquoi on peut utiliser en cosmétique bio du styrax ou du benjoin pour fixer le parfum à la place des muscs.
En ce qui concerne ta question sur l’alcool dénaturé je vais aussi me renseigner de mon côté et je te tiens informé dès que j’en sais plus. -
imen dit :
Vendredi 1 février 2008 à 9:42muscs
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Boo dit :
Jeudi 15 mai 2008 à 19:21Simple précision le musc naturel, (celui nommé par les parfumeur) est issu des glandes anales d’un bouquetin (porte musc)et non d’un cerf! Aujourd’hui ca ne se trouve plus car l’animal est protégé, mais des scientifiques cherche un moyen de le faire se reproduire. Un kg de musc issu de cet animal serait évalué à 30000 euros…
En ce qui concerne les muscs macrocycliques, ils sont dits identiques au naturel, en somme on a analyser les composés majoritaires dans le musc et on a recréer les composés par synthèse chimique (exemple: ambrettolide pour le beurre d’ambrette).
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