Chemin ecologique # 1: Comment j’ai decouvert les taquerias

Puisque je vous parlais de cheminement vers l’écologie, que j’aime raconter des histoires, et que j’aimerais entendre la vôtre, je vais vous raconter celle de mon aventure gourmande américaine, en plusieurs épisodes. On y verra que moi aussi je reviens de loin…

Il était une fois…Janvier 1999. J’arrive en Californie du Nord, dans le magnifique comté de Sonoma. Je commence à travailler dès le lendemain.
À la sortie du bureau, je file me ravitailler au supermarché le plus proche, espérant remplir mon frigidaire pour la semaine. Décalage horaire aidant, je me sens tout de suite…he bien…décalée. Perdue. Mal à l’aise. Les sols, les murs, tout est blanc, impeccable, trop impeccable. L’odeur de detergents est omniprésente et désagréable. La lumière artificielle est trop forte, et glaciale. Elle blanchit ; elle aplatit tout. La climatisation, excessive elle aussi, ajoute à l’impression de froideur…Déjà je frissonne. De froid. Et bientôt, d’effroi.
« Bon, allons vite trouver quelque chose d’apetissant au rayon des produits surgelés »…Je longe les 2 rayons, une fois, deux fois, trois fois. Peine perdue. Rien ne m’attire. Pourtant les produits ont des noms prometteurs -à force de “delight’, “crispy fresh”, “fancy” etc.…-Et des conditionnements flatteurs, si flatteurs d’ailleurs, et si imposants, que je me demande ce qui se paie réellement du contenu ou du contenant.
“Resaisissons-nous, oublions les surgelés et soyons simple”, me dis-je alors, en me dirigeant vers les fruits et légumes. Seulement voilà, ils ne sont pas beaux. Bien sûr, ils sont propres, polis, brillants, cirés, enormes. Respectables quoi. Mais je parviens tout de même à les trouver laids. Ils ne sentent rien. Ils manquent de couleur. Ils sont durs. Je commence réellement à me sentir ridicule…J’étais pressée. Une demi-heure s’est écoulée et je n’ai toujours rien dans mon énorme caddie.
En plus, J ‘AI FAIM.
Je suis tellement désemparée que je regarde les caddies des voisins, dans l’espoir d’y piocher des idées.
Aie aie aie…Erreur. Grave erreur.
Je regarde les voisins. Je comprends beaucoup de choses sans me les expliquer.
L’instinct m’ordonne un départ immédiat.
Je m’empare d’un régime de bananes (elles finiront bien par murir), d’une poignée de haricots verts (ils ne doivent pas être si mauvais puisque l’étiquette me les presente comme des “French beans”), et d’un morceau de rumsteck pre-decoupé en barquette qui avait la bonne idée de se trouver là.
A la caisse, je ne sais plus très bien où regarder, entre les magazines de potins, robes de mariée ou cuisine, les barres chocolatées, et les regards éteints de mes voisins pousseurs de caddies. Je m’impatiente. La pauvre caissière a le malheur de me demander si j’ai ma “Safeway Card”, une carte de fidélité. Il y a beaucoup de conviction dans le “No thanks” que je lui adresse en retour.
Dehors, enfin. Je respire l’air frais du parking, mon unique sac en plastique a la main. Je reprends mes esprits. Ou avais-je garé la voiture? Ah oui, là-bas, devant la “Taqueria dos amigos”. Tiens, c’est quoi une Taqueria? L’instinct, toujours le même, m’invite à pousser la porte. C’est bruyant et ça sent la cuisine.
C’est un restaurant. Simple. Plein de Mexicains. Ouf ! J’y dîne ce soir là.
Le lendemain.
Et le surlendemain.
A suivre…

17 octobre 2006 Par Dame Nature Pas de commentaire Commenter l'article

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